jeudi 1 juin 2017

Envie, besoin, ou addiction

L'addiction est une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s'y soustraire. Il est parfois difficile d'admettre que l'on souffre d'une addiction.

Depuis mon adolescence, j'ai toujours eu des envies concernant le sexe. Rarement mises en pratique, je me tiens assez pour ne pas tout faire. Je reste dans la norme, en ne prenant pas ma vie sexuelle pour un film porno où tout est permis.

Il m'a fallu des années pour comprendre, admettre, et cerner mon addiction. Au début, je pensais être accroc au sexe. Mais avec le temps, je me suis rendu compte que je pouvais me passer de sexe, durant plusieurs semaines si besoin. Si on prend un film comme Sex Therapy, je ne me retrouve pas dans la peau des personnages.



Par contre, mon esprit vagabonde quoiqu'il arrive, je rêve, j'imagine, ma tête se remplit d'images érotiques que je revis plusieurs fois en boucle, me demandant comment mettre en pratique cette envie. Je ne peux pas me passer de fantasmer. 

Réaliser qu'on est accroc aux fantasmes, c'est surprenant. Il faut ensuite savoir doser son temps à fantasmer, pour ne pas empiéter sur sa vie. Pas assez, et je sens un effet de manque. Trop, et je ne pense plus qu'au sexe, à mes envies, et je deviens incapable de vivre ma vie normalement.

Comme beaucoup de monde, j'alimente mes fantasmes sur internet, en lisant des blogs érotiques, et aussi en admirant photos sur tumblr ou instagram, voire parfois en cherchant une vidéo pornographique. Chaque réseau a ses contenus spécifiques, ses limites, permettant de filtrer en fonction de ses envies. Sur instagram, les photos sont softs : pas de têtons ou de sexe visible, c'est contraire à la charte. Sur tumblr, il est difficile de trouver des textes érotiques, noyés au milieu des photos, dessins, gif animés d'actes sexuels...

Une des choses les plus difficiles a été de trouver les thèmes récurrents de mes fantasmes, de les exploiter, et d'éviter d'en apporter des nouveaux pour ne pas surcharger la dose que mon cerveau peut tolérer.

Du coup, selon mes envies, je vais regarder des pages sur le bondage, qu'il s'agisse de tutoriel ou de vidéos, afin d'avoir des nouvelles idées à mettre en oeuvre avec ma partenaire; mais aussi des textes pour savoir comment mieux écrire sur le sujet, comment pratique telle ou telle position... Le choix est vaste, mes envies variées : je trouve toujours de quoi nourrir mon addiction aux fantasmes, et surtout de les varier, pour qu'ils ne se répètent pas.

jeudi 11 mai 2017

Frustration de plaisir

Pour frustrer sexuellement une personne, il existe plusieurs méthodes: ceinture de chasteté pour les dames, cage de chasteté pour les messieurs. Certains maîtres interdisent à leur soumis de jouir, sous peine de punitions corporelles. Simple et efficace : avec de l'entraînement, les soumis peuvent tenir et se refuser de jouir pour plaire à leur dominant. Il ne reste alors au dominant qu'à aller encore plus loin dans la recherche du plaisir, toujours plus loin, jusqu'à ce que l'orgasme arrive et que le soumis mérite sa punition.

Mais dans un couple dont les rapports ne sont pas exclusivement dominant/dominé, c'est différent. N est ma soumise, quand nous le souhaitons tous les deux, que nous avons du temps, l'envie, l'énergie. Pas de contrat, pas de soumission permanente. C'est juste ma moitié, avec qui je vais très loin avec son accord.

Cela permet de devoir jouer au jeu de la séduction régulièrement. Faire comprendre à l'autre que le désir est intenable, et qu'il faut vite l'assouvir. Parfois, nous ne sommes pas sur la même longueur d'ondes : elle veut juste un petit coup, vite fait, bien fait, alors que je voudrais prendre mon temps, l'attacher, la fouetter, puis la faire languir encore un peu avant de la prendre et jouir de son corps sans défense.

Couple dormant dans les bras l'un de l'autre

Hier soir, au moment d'éteindre la lumière, je me suis collé contre elle. Je lui ai fait un câlin. Mon bras serre sa taille, posée sur son ventre. Je respire son odeur. Je lui dis que je la trouve belle.

Mon ventre réchauffe le bas de son dos. Dans ma tête, j'imagine déjà son corps nu contre le mien, et la danse qui va nous glisser l'un contre l'autre. Je commence à hésiter sur comment je vais la prendre.
Mes mains sur son pyjama se faufilent un peu pour toucher sa peau. Je l'effleure, et cela suffit à m'exciter. En quelques secondes, mon sexe se tend, collé à ses fesses. Je sais qu'elle le sent, chaud et frétillant d'impatience.

Je deviens entreprenant, ondulant mon bassin pour que ma verge durcie se place entre ses fesses, pour qu'elle la sente bien. Je tire un peu sur son pyjama pour commencer à la déshabiller. Elle ne dit rien,  ne bouge pas. Pas un soupir, pas un gémissement.

Dans ma tête, j'ai envie de la retourner, de plaquer ma bouche sur la sienne, de l'embrasser à en perdre le souffle. La déshabiller et enfin caresser sa vulve de mon sexe, la titiller, puis entrer doucement. J'ai envie de l'entendre gémir sous mes mouvements, de jouir en la sentant prendre son pied.

Mais elle ne bouge toujours pas. Je bouge mes mains, pour caresser ses cuisses, ses fesses. Elle ne réagit pas. Je soupire. Je me retourne, et j'essaie de m'endormir, le cerveau engourdi par des images de nos corps nus et entrelacés.

Sans pouvoir assouvir mes fantasmes, je suis frustré. La nuit sera longue, et mes rêves seront chauds.

dimanche 7 mai 2017

Relation de confiance

Partout sur la toile, il est écrit qu'il faut un safe word dans une relation de domination. Un mot-clef qui permet au soumis de dire stop, qu'il ne supporte plus la situation, et que le maitre va trop loin.

Le principe me plaît, mais cela n'est pas utile quand la confiance est absolue entre les personnes. C'est mon cas lorsque je joue avec N. Il y a plusieurs mots pour tout arrêter : "Non", "Stop", "Ca me fait mal"... En fonction de ce qu'elle me dit pour arrêter, je peux tout arrêter, ou ralentir, changer un détail pour la soulager et ainsi faire durer le plaisir.

Il faut garder à l'esprit une chose importante et essentielle : "Si elle ne me fait plus confiance, nous ne pourrons plus jamais avoir les mêmes rapports dominant / soumise". Briser l'esprit de la relation n'est pas dans mes intentions : cela m'incite à faire attention à N, à aller le plus loin possible, progressivement, en sachant ce qu'elle aime, ce qu'elle n'aime pas. Je ne fais rien sans être sur et certain de son consentement.

Mais même avec cela en tête, je peux commettre une erreur. Un geste mal contrôlé, un dosage imparfait, et une claque sur la fesse peut l'amener à avoir mal au point de demander l'arrêt de la fessée. Finalement, N m'est soumise, mais je suis moi aussi soumis : je ne peux pas céder à mes pulsions sans en subir les conséquences.

Sans oublier que les goûts changent avec le temps. Elle n'aimait pas les menottes au départ : c'était désagrable sans rien ajouter. Un jour, j'ai utilisé un foulard pour lui lier les mains. Elle a beaucoup apprecié. Et maintenant, les menottes ont trouvé une place sur l'étagère.

Je me souviens encore de la première fois où je l'ai attachée avec des cordes. J'étais à la fois excité qu'elle se laisse faire, avec l'envie de finir le plus vite possible pour profiter d'elle, mais en voulant aussi prendre mon temps pour faire ça bien, qu'elle apprécie et qu'on puisse recommencer.

Après avoir longtemps hésité à l'attacher pour l'immobiliser complètement, pour être le maître absolu de son corps, j'avais finalement opté pour une mise en avant de son corps par les cordes, en lui laissant ses mouvements libres, mais entravés par la corde passant entre ses cuisses, autour de ses seins...

Femme attachée en écailles de tortue

Les écailles de tortue (karada) sont simples à mettre en place, et m'ont permis de prendre confiance en moi. J'ai passé des soirées entières à regarder des pages d'apprentissages, à me documenter sur les erreurs à ne pas faire. J'ai rêvé durant des nuits aux gestes que je devais faire, et à l'acte sexuel qui s'ensuivrait.

Mon seul regret ? Ne pas avoir pris N en photo une fois attachée. Pour m'en regaler les yeux durant les soirées d'hiver.